Comment canaliser son mental envahissant ? : astuces pour les HPI et introvertis stressés de Christel Petitcollin

Peut-être faites vous partie de ces personnes qui pensent trop ? Peut-être avez-vous du mal à trouver le repos ou peut-être vous angoissez -vous régulièrement à propos de sujet sur lesquels vous n’avez pas de prise ? Le livre de Christel Petitcollin résumé dans cet article va vous donner quelques pistes pour canaliser ce mental envahissant…

Cet ouvrage aborde le sujet des surdoués / zèbres et brosse le portrait des adultes et enfants surdoués. Il énuméré les caractéristiques – difficultés rencontrées par les sur-efficients mais donnent également des conseils applicables par tous.

Les surdoués sont des êtres hypersensibles

Le surdoué a des sens particulièrement aiguisés. Au point où la surabondance d’informations auxquelles il est soumis en devient dérangeante. C’est ce que l’on nomme l’hyperesthésie.

Cette hyperesthésie peut se manifester par les cinq sens : la sensibilité à la lumière, aux bruits sourds, à l’humidité, aux odeurs, aux gouts…

Les sens peuvent se croiser via la synesthésie. Typiquement associer des couleurs aux lettres, aux sons…

Comme déjà évoqué dans le résumé de « Je pense mieux », je confirme cette sensibilité à la lumière et aux bruits sourds. Mais je pense qu’il en est de même pour tout le monde… Par contre, rien du côté de la synesthésie. C’est une expérience que j’aurai souhaité connaitre 😉

Les surdoués sont des êtres affectifs

Pour les surdoués, le traitement de l’information passe d’abord par l’affectif. Leur implication totale dans tout ce qu’ils entreprennent, leur perception intuitive de leur environnement et leur besoin d’attention constante, les poussent à des réactions excessives et souvent incompréhensibles pour l’entourage.

Ils absorbent l’état émotionnel des autres et peuvent être submergés par leur émotion.

Ce sont des êtres sans malveillance et ils n’envisagent pas que les autres soient capables de méchanceté ou même capables de mentir.

« Pour ma part, je ne rejoins pas complétement l’auteur. Autant, il est vrai que dans un premier temps, j’ai tendance à envisager l’autre comme étant exempt de malveillance et de calcul ; autant, une fois déçu, la mécanique s’inverse et j’ai tendance à envisager chaque acte sous l’angle du calcul et de la manipulation. »

Comment fonctionnent le sur-efficient ?

D’après l’auteur, le cerveau du sur-efficient présente un hémisphère droit dominant. Il aura donc un fonctionnement intuitif / instinctif au contraire d’un fonctionnement type hémisphère gauche : analytique.

Le fonctionnement type hémisphère gauche étant le plus courant dans la population, le sur-efficient se sentira en décalage avec son environnement.

Le zèbre réfléchira en arborescence et non pas de manière séquentielle comme chez les normo-pensants. La question – pensée conduit à une dizaine d’autres et ainsi de suite.

L’information se déplace plus rapidement dans le cerveau du sur-efficient.

La perception intuitive de leur monde les conduit à une forme d’hyper-lucidité. Il ressent les choses mais ne peut les formuler précisément.

Le moral des zèbres est fortement lié à son flot de pensées. Passant de la joie, à la tristesse très rapidement, le sur-efficient doit orienter ses pensées ou du moins les ralentir. Formuler ses pensées à voix haute sera une manière de les ralentir. « D’un autre côté, réfléchir à voix haute quand j’étais adolescent me valu d’être taxé de encore plus bizarre… ».

Le zèbre vit dans le présent, le passé et le futur. Toutes pensées sont évaluées dans le temps avec estimation de son impact, de son origine… bref un sacré va et vient.

Sa mémoire est fabuleuse quand le sujet l’intéresse et au contraire fluctuante quand il s’agit d’un sujet peu intéressant. Également l’émotion est fortement liée à la capacité de mémorisation du zèbre. Dans tous les cas, il sera important de rester confiant dans sa capacité à retrouver le souvenir sous peine de se perdre dans l’émotion.

Le zèbre présente un déficit de sérotonine d’où l’humeur changeante. Il faudra alors suppléer en protéine, faire du sport et de la méditation pour contrer ce déficit.

A chaque zèbre ses rayures

L’auteur suggère qu’il est très important d’identifier le zèbre tôt dans sa vie. « Perso, je suis un zèbre tardif »

Pour ce faire voici une liste de caractéristiques souvent rencontrées chez les profils zébrés :

  • Un affect surdimensionné : le besoin d’être rassuré en permanence…
  • Les sens très développés – l’hyperesthésie.
  • Une curiosité sans fin. Un enfant qui demande sans cesse pourquoi…
  • L’hyperactivité. Avoir de nombreux centres d’intérêts très diversifiés
  • Parler seul afin de structurer ses pensées
  • Et justement, la difficulté à structurer ses pensées

Zèbre ou Asperger

Découvert en 1944 par le pédiatre Asperger, ce syndrome est parfois rencontré dans la population des zèbres. Les caractéristiques de ce syndrome sont également l’intelligence, la gentillesse, la curiosité extrême… les difficultés de communication (visage peu expressif). Leur mémoire est fantastique mais ils souffrent d’un déficit de l’attention ainsi qu’une capacité de coordination faible.

Le lien entre zébritude et Asperger me semble assez clair mais malheureusement, je n’ai pas trouvé de réponse quant à la différence entre zèbre et asperger… La difficulté de communication est-elle plus marquée chez un Asperger ?

L’auteur insiste sur une identification précoce afin de pouvoir adapter son environnement à l’enfant.

Christine Petitcollin souligne également que les tests de QI sont fortement controversés et qu’ils ne doivent en aucun cas être utilisés seuls dans le cadre d’une identification.

Sur-efficient en manque d’amour propre

Le zèbre a une faible estime de lui pour diverses raisons :

  • Ils subissent très tôt le rejet et ne savent pas y répondre, comme les normo-pensant. Il se préfèrera se dénigrer pour justifier le comportement de ses « camarades ».
  • Il ne s’acceptera pas tel qu’il est. Il s’isolera dans son imaginaire. Il sera volontairement provocateur ou aux contraires adaptera une fausse personnalité « faux self » pour se faire accepter.

Le zèbre dans un monde de normo-pensants

Le zèbre rencontrera de nombreuses difficultés en société car :

  • Ses standards et valeurs sont bien au-dessus de la moyenne. Son sens de la justice le rendra moralisateur.
  • Il placera ses valeurs au-dessus de lois et de l’autorité.
  • Il ne comprend pas les implicites.
  • Sa naïveté et son besoin d’être accepté en fera une victime de choix pour les manipulateurs

Pour tenter de palier à ces difficultés, le zèbre doit comprendre le monde des normo-pensants.

Les normo-pensant sont :

  • Hypo-esthésiques. Ils perçoivent moins donc peuvent se concentrer plus. Ils aiment leur perception car elles les rendent vivants. Ils aiment la foule.
  • Ils sont structurés. Leur raisonnement est séquentiel et adorent catégoriser. Ils sont donc plus lents, moins créatifs et critiques.
  • Leur besoin affectif est limité et sont souvent individualistes.
  • Ils doutent peu et de fait sont sur d’eux

« Bon ici, je trouve que l’on est complétement dans le cliché… je connais des non-zèbres hypersensibles et très humain ; des zèbres misanthropes… »

Ce que je retiens de ce passage :

  • Il faut identifier ceux qui nous ressemblent et s’en rapprocher.
  • Il faut être tolérant et s’adapter aux normo-pensants. Être moins intransigeant. Laisser le temps de réflexion…

Comment vivre en tant que sur-efficient ?

  • Premier conseil : s’accepter tel que l’on est, un être imparfait comme tout le monde. Mais soyez fier de vous, aimez votre différence. Acceptez que les autres soient différents de vous. Acceptez qu’il existe des êtres malveillants…
  • « Dompter » ses pensées… ressentir des émotions positives via ancrage. « Personnellement, j’utilise la technique du lieu calme ».
  • Validez (et célébrez) vos réussites, petites ou grandes
  • Organiser ses idées via mind-map. Associez des images, des couleurs pour favoriser la mémorisation. Donner un sens et un contexte aux informations à retenir.
  • Restez rationnel et évitez les jugements. « Autres conseils non repris dans le livre, faites valider votre ressenti plutôt que d’imaginer… »
  • Ayez une vie riche. Apprenez en permanence. Exprimez votre créativité via l’art.
  • Faites du sport et de la méditation.

Avis d’un introverti zébré

Après quelques chapitres d’informations connues de tous… l’auteur m’a intéressé par les quelques conseils donnés en fin de livre. Certes ceux-ci sont assez communs mais ils font écho à mon expérience personnelle. Ainsi contrôler / organiser ses pensées via la méditation, la technique de l’ancrage, le mind-map, l’utilisation de l’art pour exprimer sa créativité… sont des conseils que j’applique quotidiennement avec succès. D’un autre côté, ne s’appliquent-ils pas à tous ???

Histoire d’un zébré hypersensible dans la savane

Dans la savane dorée, un jeune zèbre nommé Zuri se tenait à l’ombre d’un baobab, le regard perdu dans l’horizon. Ses rayures, comme celles de tous les zèbres, l’aidaient à se fondre dans le paysage, mais Zuri se sentait différent. La chaleur du soleil et le bruissement des feuilles éveillaient en lui une angoisse profonde, et il se demandait : « Pourquoi suis-je si sensible à tout cela ? »

Un jour, Zuri aperçut un groupe de jeunes animaux se rassemblant autour d’un vieux sage, un éléphant nommé Kavi. Intrigué, il s’approcha pour écouter. Kavi parlait des défis que les surdoués, ou comme il les appelait, les « zèbres », rencontraient dans la vie.

« Les zèbres ont des sens aiguisés, » expliqua Kavi. « Ils peuvent ressentir les vibrations de la terre, entendre les murmures du vent et même sentir les émotions des autres. Mais parfois, cette hypersensibilité peut être écrasante. »

Zuri hocha la tête, réalisant que lui aussi ressentait la tristesse des autres animaux, parfois même avant qu’ils ne s’en rendent compte. Ce sentiment le submergeait, mais Kavi poursuivit : « Pour canaliser ce mental envahissant, il faut d’abord s’accepter tel que l’on est. Chaque zèbre a ses propres rayures, ses propres défis. »

En écoutant le sage, Zuri comprit qu’il devait apprendre à gérer son flot de pensées. Il se rappela les conseils que Kavi avait partagés : « Prends le temps d’observer et de respirer. Exprime-toi, parle de tes émotions. Organise tes pensées comme un arbre dont chaque branche représente une idée. »

Avec cette sagesse, Zuri se mit à pratiquer la méditation au bord de la rivière, se concentrant sur le doux murmure de l’eau et le chant des oiseaux. Il apprit à ralentir son esprit agité, à canaliser ses émotions et à apprécier la beauté de la savane sans être submergé.

Un matin, alors qu’il observait un arc-en-ciel après une pluie, Zuri se sentit apaisé. Il se rendit compte que sa sensibilité, bien que parfois accablante, était aussi un cadeau. Il pouvait percevoir la beauté des couleurs, l’harmonie des sons, et même la joie des autres animaux.

Zuri décida de partager son expérience avec ses amis zèbres, leur enseignant les techniques qu’il avait apprises pour gérer leurs émotions. Ensemble, ils formèrent un cercle d’entraide, où chacun pouvait exprimer ses doutes et ses joies sans jugement.

Ainsi, dans la savane, Zuri et ses amis apprirent à vivre pleinement, à célébrer leurs différences et à embrasser leur nature zébrée. Ils découvrirent que, même au cœur de l’angoisse, la communauté et l’acceptation les aidaient à trouver la paix. Leurs rayures uniques, loin d’être un fardeau, devenaient leur force.

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