Est-il possible de concilier confinement et intérêts économiques des patrons ?

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, je souhaitais faire un bref article sur les personnes dans l’impossibilité de respecter les consignes de confinement afin de préserver les intérêts économiques de leur patron (d’entreprise non-essentielle).

Un confinement très partiel et très tardif

Beaucoup sont en confinement depuis quelques semaines. Angoissés, anxieux, nous prenons soin de nos familles et évitons soigneusement tout contact surtout avec nos parents âgés.

Les employeurs ont été obligés d’organiser le télétravail et de limiter les activités non-essentielles. Ils se sont exécutés, souvent tardivement et partiellement.

Beaucoup d’entreprises se sont proclamées de première nécessité car travaillant dans des secteurs de production et incitent de nombreux ouvriers-employés à rester sur site.

Beaucoup d’employés ont été mis en télé-travail et des équipes mises en chômage technique.

Santé vs intérêts économiques

La décision du confinement a visiblement contrarié de nombreux employeurs. Ceux-ci ont maintenu leurs activités sous prétexte de nécessité et de respect des règles de distanciation.

Ils sont maintenant de plus en plus nombreux à ré-ouvrir des activités non-essentiels.

Je peux comprendre qu’un entrepreneur s’inquiète de l’impact de la crise sanitaire sur sa rentabilité mais ne devrait-il pas s’inquiéter prioritairement de la santé des salariés et de leur famille?

Donc voilà, contraints de retourner la boule au ventre, de nombreux salariés vont risquer leur santé pour des raisons économiques.

Des consignes claires mais non contraignantes

En France, les consignes sont claires et contraignantes. Par contre, d’autre pays, comme la Belgique, s’en remettent aux jugements et « bonne pratique d’hygiène » des employeurs.

Le confinement et le télé-travail sont vivement encouragés (obligatoire sur le papier)… mais en pratique cela reste à la discrétion des employeurs.

  • Vous devez organiser le télétravail si cela est possible… En pratique, cela donne : « il n’est pas possible d’organiser le télé-travail car le salarié doit être présent pour des tâches physiques ».
  • Vous devez maintenir une distance de 1.5m entre les personnes. Bravo !!! Le virus se propage par aérosol à 6m et reste plusieurs jours sur les surfaces inertes…
  • Le port du masque n’est utile que pour les malades… Bravo également !!! Il a été démontré qu’il était utile pour tous.
  • Vous pouvez mettre en chômage temporaire les personnes pour qui le télé-travail n’est pas possible et l’activité « non essentielle ».  En pratique : « diminuons la masse salariale pour limiter l’impact de la crise… ».
  • Restez chez vous. Ne sortez que si c’est nécessaire. Allez le moins possible dans les grandes surfaces. Ne voyez plus vos proches et amis. « Mais allez travailler »

Une preuve ?

J’ai été effaré de voir que certains employeurs non-contents de ne pas donner de consignes claires et écrites à leurs salariés demandaient maintenant la signature de décharges pour se mettre à l’abri. Pratique honteuse et ILLÉGALE.

Un petit audio d’Europe 1 qui résume bien la situation en France.

Est-il possible de concilier confinement et intérêts économiques des patrons ?

Personnellement, je ne suis pas convaincu que les politiques mises en place (en Belgique et en France) soient optimales. L’expérience de la Corée du Sud, de l’Allemagne montre qu’un dépistage massif (avec tracking, bien que moralement discutable), une capacité médicale suffisante et le port du masque sont les meilleures approches.

Mais à défaut de prévoyance de nos élites, ils ne nous restent que le confinement et la bonne volonté d’entrepreneurs et d’Universités souhaitant œuvrer pour le bien commun (tests, fabrication de masques anti-projection, visières imprimées en 3D…)

Pour moi, l’impact économique sera clairement dû à un manque de prévoyance et aurait pu être limité par une meilleure gestion :

  • au niveau politique : anticipation via des stocks de masques et de réactifs PCR en suffisance, capacité hospitalière, limitation des flux en provenance des zones épidémiques
  • au niveau du patronat : acceptation plus facile et rapide du télé-travail, protection plus rapide et efficace des salariés (masque, gants, distanciation… ), limitation des missions à l’étranger

L’économie se relèvera probablement plus forte (comme toujours) mais la confiance entre la société et le monde politique et économique est fortement entamée. C’était déjà le cas avant la crise mais je me demande comment la population va réagir une fois le confinement levé…

Est-il possible de concilier confinement et intérêts économiques des patrons ?

Quelques liens utiles

https://www.lepoint.fr/sante/coronavirus-des-entreprises-imposent-aux-salaries-de-signer-une-decharge-27-03-2020-2369072_40.php#

https://www.marianne.net/societe/coronavirus-ces-patrons-qui-pensent-eviter-les-proces-en-faisant-signer-une-decharge-leurs

https://www.beci.be/2020/03/06/coronavirus-quelles-obligations-pour-les-employeurs/

https://www.lecho.be/monargent/travail/travail-et-coronavirus-tout-ce-que-vous-devez-savoir/10214631.html

Un commentaire sur « Est-il possible de concilier confinement et intérêts économiques des patrons ? »

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