A travers mes derniers articles, j’ai abordé la question de la douance et les difficultés qui y sont liées.
https://introverti.news.blog/2020/02/12/je-pense-mieux-christel-petitcollin/
https://introverti.news.blog/2020/02/09/trop-intelligent-pour-etre-heureux-jeanne-siaud-facchin/
L’une des premières questions lorsque l’on parle de ce sujet est : comment doit-on appeler la personne / l’enfant surdoué ? La question du bon terme est délicate car la « douance » touche au plus profond notre personnalité et notre rapport à nous-même. L’intelligence est souvent liée à un jugement de valeur ce qui crée une frustration aussi bien du côté des « normo-pensants » (pour qui se prennent-ils ces « surdoués »?) et des zèbres (On souhaiterait juste être accepté comme nous sommes). Le choix des termes peut créer des réactions vives des deux côtés.
Réflexions sur le Terme à Employer pour Désigner les Zèbres
Lorsque nous abordons la question des personnes ou des enfants surdoués, l’une des premières interrogations qui émerge est celle du terme à utiliser pour les désigner. Le choix du bon terme est délicat, car la notion de « douance » touche à notre personnalité la plus profonde et à notre rapport à nous-mêmes. L’intelligence, souvent synonyme de jugement de valeur, engendre une frustration tant chez les « normo-pensants » (pour qui se prennent ces « surdoués » ?) que chez les zèbres (qui aspirent simplement à être acceptés tels qu’ils sont). Le vocabulaire peut susciter des réactions vives des deux côtés du spectre.
Zèbres, Surdoués, Hauts Potentiels : Comment les Appeler ?
Voici une petite liste des termes fréquemment employés pour qualifier les surdoués, les zèbres ou les hauts potentiels :
- Le Surdoué
Ce terme évoque une capacité ou une facilité exceptionnelle dans certaines disciplines. Toutefois, il soulève deux problèmes majeurs. D’une part, une personne peut exceller dans un domaine (par exemple, la pensée divergente) tout en étant médiocre dans un autre (comme la communication ou l’art de tisser des liens). D’autre part, être qualifié de surdoué implique souvent une pression pour réaliser son potentiel, une pression qui peut s’avérer écrasante. - Le Doué
Ce qualificatif, plus faible, peut être perçu comme une tentative de minimiser une différence. Après tout, tout le monde a ses propres talents ; il suffit de trouver ce qui nous passionne et d’y consacrer du temps. Ce terme pourrait faire l’impasse sur la complexité des expériences des surdoués. - L’Enfant Intellectuellement Précoce
Utilisé couramment dans le domaine de l’éducation, ce terme ne s’applique qu’aux jeunes. Comment qualifier ces enfants une fois devenus adultes ? Le terme devient caduc et crée une dissonance dans l’identité des personnes concernées. - Hauts Potentiels
Abrégés en HP, HPI, HQI ou THQI, ces termes évoquent une échelle de mesure qui accentue les différences. S’il est vrai qu’un potentiel existe, le réaliser peut s’avérer complexe. L’utilisation de ces termes risque de réduire l’individu à un simple chiffre, oubliant l’humain derrière. - APIE (Personne Atypique dans l’Intelligence et l’Émotion)
Proposé par Jean-François Laurent, cet acronyme met l’accent sur les modes de fonctionnement et l’hypersensibilité, mais reste encore peu utilisé dans le grand public. - Hors Norme
Mais qu’est-ce que la norme ? Cette expression nous renvoie à une notion subjective qui ne fait que renforcer l’idée de différence, sans chercher à comprendre la richesse qu’elle peut apporter. - Surefficients
Le terme semble mettre en avant une capacité de performance, mais il néglige le fait que ces performances dépendent de l’état émotionnel de la personne. Un surefficient peut également être en difficulté dans un mauvais état émotionnel, et ce terme n’évoque pas l’hypersensibilité et les problèmes de communication souvent rencontrés.
L’Arrivée du Zèbre
Puis, il y a le terme zèbre. Introduit dans les années 2000 par S. Facchin, psychologue spécialisée dans le « surdouement », ce mot a pour but de souligner l’atypicité de chaque individu, symbolisée par ses rayures uniques. Bien que ce terme puisse sembler « mignon » et moins lourd à porter, il suscite tout de même des interrogations. Pourrait-on parler d’autres animaux, comme les girafes ou les tigres ?
Un Petit Zèbre Qui Ne Voulait Pas Aller au Zoo
Il est crucial de reconnaître que tous ces termes font référence à des personnes aux fonctionnements singuliers et sont souvent chargés de préjugés. Certains suggèrent une supériorité maladroite et encouragent un élitisme regrettable. Ils ont tendance à créer des barrières au lieu de favoriser la compréhension mutuelle. Au final, ces mots peuvent poser des objectifs anxiogènes pour les zèbres.
Paradoxalement, le terme « zèbre » semble être le moins contraignant. Un zèbre, c’est sympathique, c’est mignon… Tout le monde aime les zèbres ! Dire à un enfant qu’il est un « zébron » est certainement plus agréable que de lui annoncer qu’il est THQI avec une tendance Asperger.
La Valeur de la Diversité
Ce que nous devons souligner, c’est que chaque individu est unique, avec ses modes de fonctionnement, ses expériences et ses ressentis. L’essentiel réside dans notre capacité à nous comprendre et à mettre de côté nos préjugés. En somme, il s’agit d’apprendre à nous rapprocher les uns des autres malgré nos différences et d’éviter de nous cantonner dans des « zoos » d’étiquettes.
Pas Si Différents Que Cela…
Quant à notre mode de fonctionnement, il inclut des éléments comme la pensée en arborescence, l’hypersensibilité, les pensées en boucle, les difficultés relationnelles, les humeurs changeantes et l’hyperesthésie. Cependant, ces caractéristiques ne sont pas exclusives aux zèbres. Oui, elles peuvent être plus prononcées chez eux, mais cela ne fait pas d’eux des extraterrestres. Il suffit souvent d’une communication ouverte et tolérante pour dissiper les malentendus.
Dans un monde idéal, nous devrions valoriser l’enrichissement que chaque différence peut apporter, plutôt que d’imposer une standardisation abrutissante et clivante.
À travers mon blog, j’aspire à comprendre mes différences et à aider les lecteurs, espérant ainsi offrir un éclairage sur ce sujet complexe. Cet exercice d’écriture me permet d’organiser mes pensées, d’analyser mon fonctionnement et de revisiter mon passé.
Je ne suis pas psychologue ; je partage simplement mes réflexions, mes lectures et mon vécu. Toutefois, je crois qu’il est toujours bénéfique d’échanger nos expériences et d’explorer de nouvelles perspectives.
Questions Sans Réponses
Plus que le choix du terme « zèbre », je me trouve confronté à de nombreuses questions restées sans réponse. J’ai souvent ressenti le rejet et le besoin de catégoriser ma différence a parfois servi de refuge, justifiant ma « zébritude » et me permettant de me distancier des autres. Je me demande ce qui se serait passé si j’avais eu davantage de personnes bienveillantes autour de moi durant mon adolescence ou dans le monde du travail. Aurais-je été en mesure de m’adapter, ou mes particularités auraient-elles trouvé un autre chemin pour se manifester ?
Ces interrogations soulèvent un questionnement plus large : s’agit-il d’une construction mentale ou d’un thème façonné par le mal-être des personnes sensibles ? Est-ce simplement une manière différente de fonctionner, ou bien est-ce une caractéristique innée ?
Ces réflexions dépassent de loin le simple choix d’un qualificatif.
Je vous remercie d’avoir pris le temps de me lire. J’espère que ces mots auront été utiles à quelques zèbres, ou même à ceux qui ne se reconnaissent pas dans cette étiquette.
Et une petite histoire de zèbre…
L’Histoire de Zébrio, le Zèbre Différent

Il était une fois, dans une savane ensoleillée, un jeune zèbre nommé Zébrio. Contrairement aux autres zèbres de son troupeau, qui avaient tous des rayures noires et blanches parfaitement alignées, Zébrio possédait des rayures uniques et irrégulières, un peu comme un code secret. Ses amis l’appelaient affectueusement « Zébrio le Zèbre Atypique ».
Zébrio aimait explorer la savane et observer les autres animaux. Un jour, il s’aventura plus loin que d’habitude et découvrit un groupe de jeunes animaux en train de jouer. Intrigué, il s’approcha timidement. Mais dès qu’ils remarquèrent ses rayures étranges, les autres animaux se mirent à chuchoter et à rire.
« Qu’est-ce qui ne va pas chez lui ? » dit un jeune gazelle. « On dirait un zèbre mal peint ! » railla un lionceau.
Zébrio se sentit tout petit. Il se détourna et s’éloigna, le cœur lourd. Il ne comprenait pas pourquoi ses rayures le rendaient différent et pourquoi cela le faisait souffrir. Pourquoi ne pouvait-il pas simplement être accepté comme il était ?
Sur le chemin du retour, Zébrio croisa sa grand-mère, une zèbre sage et affectueuse. Elle remarqua la tristesse dans ses yeux et lui demanda ce qui le troublait. Zébrio lui raconta ce qui s’était passé.
« Ne te laisse pas abattre, cher petit. Tes rayures sont une partie de qui tu es. Elles représentent ta singularité et ton unicité. Les différences sont ce qui nous rend spéciaux. » dit-elle avec douceur. « Tu es un zèbre, mais tu es aussi bien plus que cela. »
Ces paroles résonnèrent dans l’esprit de Zébrio. Il décida qu’il était temps de montrer aux autres animaux que ses différences avaient de la valeur. Le lendemain, il organisa une grande fête de la savane et invita tous les animaux. Il prépara des jeux, des danses et de délicieux plats.
Au début, certains animaux hésitèrent à venir, mais la curiosité finit par l’emporter. Lorsqu’ils arrivèrent, ils furent surpris de découvrir la magnifique décoration que Zébrio avait préparée. Les couleurs vives, les rires et la musique faisaient de cette fête un événement inoubliable.
Zébrio se mit à raconter des histoires fascinantes sur ses aventures, en partageant ses connaissances sur les plantes, les étoiles, et même les autres animaux. Il parla de la beauté des différences, de la richesse qu’elles apportent, et de l’importance de s’accepter soi-même.
Peu à peu, les autres animaux commencèrent à comprendre. Ils réalisèrent que chacun avait ses particularités, et que ces différences ne devraient jamais être source de moquerie, mais plutôt d’admiration. Au fil de la fête, les rires et les chants résonnèrent dans toute la savane.
À la fin de la journée, Zébrio se tenait au milieu de ses nouveaux amis, entouré d’une multitude de couleurs et de rires. Les animaux avaient appris à apprécier non seulement les rayures uniques de Zébrio, mais aussi leurs propres différences.
« Merci, Zébrio, » dit un jeune lionceau en souriant. « Grâce à toi, nous avons appris que chaque rayure, chaque tache, est précieuse. »
Zébrio sourit, le cœur léger. Il avait trouvé sa place parmi les autres, non pas en se conformant à un idéal, mais en célébrant ce qui le rendait différent.
Et ainsi, dans cette savane où les rayures et les taches prenaient vie, Zébrio devint un symbole d’acceptation et d’unité, prouvant à tous que la diversité est une force, et que chacun mérite d’être aimé et accepté tel qu’il est.
Et ils vécurent tous heureux, célébrant leurs différences au rythme de la danse, comme une magnifique mosaïque de couleurs au cœur de la savane.
